Arrima est le portail en ligne officiel du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI) du Québec, utilisé pour gérer les dossiers d'immigration permanente et temporaire, y compris la principale voie d'immigration économique de la province. Ce n'est pas un système fédéral et il n'a aucun lien avec Entrée express : le Québec sélectionne lui-même ses immigrants économiques en vertu d'une entente avec le gouvernement fédéral, et Arrima est l'outil qui lui sert à le faire. La fonction centrale du portail est aujourd'hui le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui a remplacé l'ancien Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ) le 29 novembre 2024. Le PSTQ comporte quatre volets : le volet 1 pour les professions hautement qualifiées et exigeant des compétences spécialisées, le volet 2 pour les professions exigeant des compétences intermédiaires et manuelles, le volet 3 pour les professions réglementées qui requièrent une autorisation ou un permis d'exercice au Québec, et le volet 4 pour les talents d'exception. Au-delà du PSTQ, Arrima gère aussi le Programme de l'expérience québécoise (PEQ), le Programme des travailleurs étrangers temporaires, la transmission de documents pour les étudiants étrangers, ainsi qu'un portail employeurs utilisé par les entreprises qui recrutent à l'étranger : un même compte Arrima peut donc toucher plusieurs démarches d'immigration distinctes, selon le service sélectionné à l'intérieur du portail.
L'accès à Arrima se fait à partir du site officiel du gouvernement du Québec, et le portail distingue trois types de comptes : un compte particulier pour la personne qui déclare son intérêt à immigrer en son propre nom, un compte entreprise pour les employeurs, qui exige un numéro d'entreprise du Québec (NEQ) valide et qui passe par le portail employeurs distinct, et un compte représentant pour les conseillers ou avocats en immigration formellement autorisés à agir pour le compte d'un client. Une bonne partie de la confusion derrière les recherches du type « connexion Arrima » ou « portail Arrima » vient précisément de la confusion entre ces trois types de comptes : un employeur qui tente de se connecter par le parcours destiné aux particuliers, ou un particulier qui présume que son profil personnel lui donne aussi accès au volet employeur, se retrouvent chacun dans une impasse. La création d'un compte particulier ne prend que quelques minutes et le compte n'expire pas une fois validé, mais il faut distinguer le compte lui-même de la déclaration d'intérêt qu'il contient : le compte peut rester ouvert indéfiniment, alors que la déclaration a sa propre durée de validité, décrite plus loin. Quiconque perd l'accès à un compte existant devrait utiliser les options officielles de récupération de compte du gouvernement du Québec plutôt que de créer un second profil, car avoir plus d'un compte sous des renseignements différents peut compliquer l'appariement entre la personne et son éventuelle invitation ou demande.
Une fois dans son compte particulier, la personne remplit une déclaration d'intérêt, parfois encore appelée manifestation d'intérêt, portant sur sa scolarité, son expérience de travail, sa connaissance du français et de l'anglais, et d'autres facteurs liés au volet visé. Le dépôt d'une déclaration d'intérêt est gratuit. Dès sa soumission, elle demeure valide pendant une pleine année, soit 12 mois; une déclaration commencée mais non soumise est quant à elle supprimée après 90 jours. Une déclaration qui atteint la fin de sa validité de 12 mois sans avoir généré d'invitation ne peut être prolongée ni renouvelée : la personne doit en créer une nouvelle, encore une fois gratuitement, et peut par ailleurs mettre à jour sa déclaration en tout temps si sa situation change. Il importe d'être précis sur ce qu'est réellement une déclaration d'intérêt : ce n'est pas une demande de résidence permanente. Il s'agit d'une déclaration d'admissibilité et d'intérêt qui place la personne dans un bassin dans lequel le ministère peut puiser; rien n'est examiné ni décidé à cette étape, et aucun statut d'immigration n'en découle.
Le ministère puise périodiquement dans le bassin de déclarations et lance des invitations à présenter une demande, généralement par des tirages propres à chaque volet du PSTQ. La sélection au sein d'un tirage repose sur une évaluation par points des mêmes facteurs que ceux déclarés : la profession et sa classification, la durée et le lieu de l'expérience de travail, la scolarité, et surtout la connaissance du français, puisque des seuils de français conditionnent l'admissibilité à la plupart des volets plutôt que de simplement ajouter des points. Les résultats de chaque tirage, y compris les volets visés et le nombre de personnes invitées, sont publiés sur les pages officielles d'immigration du Québec. À la mi-2026, les tirages du PSTQ se sont poursuivis à un rythme à peu près mensuel tout au long de l'année, sans qu'aucune indication de suspension du programme n'apparaisse sur les pages de résultats du gouvernement. La situation est différente pour le PEQ, un programme distinct : ses deux volets ont été fermés aux nouvelles demandes le 19 novembre 2025, puis le gouvernement a rouvert le PEQ de façon temporaire pour une période de deux ans, du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028, les demandes n'étant reçues qu'entre le 2 juillet et le 31 octobre 2026, et seulement de la part des personnes qui répondaient déjà aux critères du programme en date du 19 novembre 2025, à l'exclusion de quiconque deviendrait admissible après cette date. Cette réouverture étant étroite, temporaire et susceptible de changer à nouveau, quiconque envisage la voie du PEQ en particulier devrait vérifier la fenêtre et les critères d'admissibilité actuels directement sur les pages officielles d'immigration du Québec plutôt que de se fier à un résumé plus ancien ou tiers, y compris celui-ci.
Recevoir une invitation n'équivaut pas à une approbation. La personne invitée dispose généralement de 60 jours à compter de la date d'acceptation pour soumettre une demande complète de sélection permanente, ou d'un délai pouvant aller jusqu'à un an si elle attend encore la reconnaissance formelle de ses compétences professionnelles par un ordre ou un organisme de réglementation, ce qui touche surtout les candidats du volet 3 dans les professions réglementées. La demande est déposée avec des pièces justificatives numérisées et fait l'objet d'un examen moyennant des frais, ajustés chaque 1er janvier; depuis le 1er janvier 2026, ces frais s'élèvent à 940 $ CA pour le requérant principal, plus 201 $ CA pour chaque membre de la famille qui l'accompagne, payables par carte de crédit dans Arrima et non remboursables même en cas de refus. Une demande approuvée donne lieu à un certificat de sélection du Québec (CSQ), qui confirme la sélection par le Québec mais qui ne constitue pas encore la résidence permanente. Le CSQ doit être jumelé à une demande fédérale distincte auprès d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) : le Québec choisit qui il souhaite accueillir comme immigrant économique, mais le gouvernement fédéral procède tout de même à ses propres vérifications médicales, judiciaires et de sécurité avant d'accorder la résidence permanente. Les personnes qui vivent et travaillent déjà au Québec pendant cette étape doivent maintenir la validité de leur propre permis de travail ou d'études, puisqu'un CSQ ou une demande fédérale en cours ne prolonge pas, en soi, un statut légal au Canada.
L'erreur la plus fréquente consiste à traiter Arrima comme l'équivalent québécois d'Entrée express; il s'agit d'un système apparenté mais structurellement distinct, administré par un ministère provincial plutôt que par IRCC, avec ses propres types de comptes, son propre processus de déclaration et ses propres tirages. Une deuxième erreur courante consiste à croire que soumettre une déclaration d'intérêt équivaut à présenter une demande : cela ne fait qu'ouvrir la possibilité d'une invitation, et une personne qui ne met jamais à jour une déclaration devenue inexacte ou dépassée réduit elle-même ses chances d'être sélectionnée avec justesse. Une troisième erreur est de laisser une déclaration expirer sans s'en rendre compte, puisque Arrima ne la renouvelle pas automatiquement après 12 mois. Les personnes qui évaluent une profession réglementée sous le volet 3 sous-estiment parfois le temps que prend la reconnaissance officielle de leurs compétences acquises à l'étranger, ce qui explique précisément pourquoi le délai suivant l'invitation peut s'étendre jusqu'à un an dans cette situation. Enfin, comme le PEQ et le PSTQ s'adressent en partie aux mêmes personnes et passent tous deux par le même portail, les candidats admissibles aux deux programmes se demandent parfois si une demande dans l'un affecte l'autre; le gouvernement a précisé que le traitement des deux se fait en parallèle, sans priorité accordée à l'un ou l'autre et avec des frais distincts pour chacun, de sorte que déposer une demande dans un programme ne remplace pas, et n'accélère pas, l'autre.
Définition éducative. Vérifiez toujours auprès des directives officielles d'IRCC avant de vous y fier.